La tulipe a toujours fasciné les hommes par la beauté de ses couleurs et de ses formes. On devrait d’ailleurs parler plutôt parler d’elle au pluriel, tant elle présente de variétés. Originaires des contreforts des hautes montagnes d’Asie centrale, les tulipes sont descendues peu à peu dans les plaines. Elles passent de l’Iran à l’Empire ottoman où elles suscitent un vif engouement. Au XVIe siècle, elles arrivent en Europe. Elles trouvent leur place dans les jardins des riches demeures, où elles côtoient d’autres trésors, comme les couronnes impériales d’Asie centrale, les pivoines de la péninsule balkanique, les tournesols d’Amérique.

J’ai découvert la Veronica persica il y a quelques années. En me promenant dans mon jardin, j’ai trouvé un jolis tapis de petites feuilles vertes. La plante m’était inconnue. Je savais bien sûr qu’il s’agissait d’une sauvageonne, à l’instar des pâquerettes et des lamiers pourpres qui se plaisent dans ce qui me tient lieu de gazon, mais mon savoir s’arrêtait là. Quand j’ai découvert un peu plus tard les jolies petites fleurs bleues, j’ai été émerveillée. Depuis, j’en vois partout, dans les rues, les chemins, les jardins. La plante est un peu invasive, mais facile à extirper en cas de problème et surtout si jolie. C’est une véronique, mais ….

J’ai longtemps hésité à écrire cet article sur les indiennes, ces cotonnades peintes et imprimées ramenées des Indes par les Portugais à la fin du XVIe siècle et copiées ensuite par les Européens. La complexité du sujet et son vocabulaire assez technique m’ont sans doute arrêtée dans mon élan. Aujourd’hui, c’est décidé,  je m’y mets. Je vais essayer de faire simple, et j’espère, efficace. Derrière cette volonté de faire connaître l’histoire des indiennes, il y a d’abord une préoccupation de couturière. On constate toujours, en effet, un vif engouement pour les cotonnades imprimées fleuries, filles des indiennes d’autrefois.