La Véronique de Perse
Un si joli bleu
J’ai découvert la Veronica persica il y a quelques années. En me promenant dans mon jardin, j’ai trouvé un jolis tapis de petites feuilles vertes. La plante m’était inconnue. Je savais bien sûr qu’il s’agissait d’une sauvageonne, à l’instar des pâquerettes et des lamiers pourpres qui se plaisent dans ce qui me tient lieu de gazon, mais mon savoir s’arrêtait là. Quand j’ai découvert un peu plus tard les jolies petites fleurs bleues, j’ai été émerveillée. Depuis, j’en vois partout, dans les rues, les chemins, les jardins. La plante est un peu invasive, mais facile à extirper en cas de problème et surtout si jolie. C’est une véronique, mais contrairement à la Veronica officinalis, ses vertus thérapeutiques n’ont pas été vraiment démontrées pour l’instant. Son intérêt culinaire est nul, certains la qualifient même de plante toxique. Pourtant, elle est intéressante pour les insectes qui la fréquentent assidûment et pour les jardiniers désireux de mieux connaître leur sol.
La légende des véroniques
La Véronique de Perse est une petite plante appartenant au genre Veronica qui compte près de 44 espèces en France et plusieurs centaines d’espèces à travers le monde. Les véroniques peuvent être des plantes herbacées ou des arbustes. Elles sont hermaphrodites. Leurs fleurs sont de couleur bleue, rose ou blanche. Elles portent quatre pétales (parfois cinq) et deux étamines qui entourent un minuscule pistil. Le fruit forme souvent une capsule en forme de cœur.
Nous ne savons pas vraiment quelle véronique évoque Théophile Gautier (1811-1872) dans La Fleur qui fait le printemps : La véronique s’aventure / Près des boutons d’or dans les prés / Les caresses de la nature / Hâtent les germes rassurés.
La fleur des véroniques dessine un visage rudimentaire où l’on peut distinguer deux yeux, les étamines coiffés de leur anthère. Au Moyen Age, une image s’est imposée, celle du Christ, dont sainte Véronique (verum icon, vraie image) aurait recueilli les traits sur un linge avec lequel elle aurait guéri, par la suite, l’empereur Tibère de la lèpre. Le nom de Véronique pourrait aussi venir du grec du grec pherenikê (porteuse de victoire).
Une jolie plante venue d’ailleurs
L’introduction de la Véronique de Perse en Europe est récente, située autour du XIXe siècle. Originaire du Sud-Ouest de l’Asie, elle se serait évadée du jardin botanique de Karlsruhe en Allemagne. Sa naturalisation rapide repose sur sa capacité remarquable à fleurir, faire des graines et germer. Elle s’accommode, de plus, de conditions écologiques très variées.
C’est une petite plante rampante dont les tiges peuvent s’étendre sur 40 cm au sol et dont les feuilles sont fortement dentées. Ses fleurs, que des yeux non avertis pourraient confondre avec celles du myosotis, sont de couleur bleue mêlée de blanc et veinée de violet foncé. Elles ont un diamètre compris entre 8 et 12 mm et sont portées par de longs pédoncules. Leur pétale inférieur est beaucoup plus petit que les trois autres.
La Véronique de Perse peut se confondre avec d’autres véroniques. La Véronique à feuilles de lierre (Veronica hederifolia) se distingue par ses feuilles divisées en trois ou cinq lobes et par ses fleurs discrètes avec un diamètre de 6 à 9 mm. La Véronique des champs (Veronica arvensis) porte des fleurs très petites (3 à 4 mm de diamètre) directement insérées sur la tige. La Véronique petit-chêne (Veronica chamaedrys) présente des fleurs disposées en grappe.
Une plante bio-indicatrice
La Véronique de Perse aime les lieux cultivés, ou qui ont déjà été cultivés, et les sols riches en azote. Elle est généralement indicatrice d’un niveau d’humidité moyen et d’un pH plutôt neutre. C’est une adventice, mais elle n’est pas gênante lors de la récolte des cultures en raison de sa manière de pousser près du sol. Arrivée récemment sur nos terres européennes, elle n’a pas encore délivré tous ses secrets. En attendant d’en savoir plus, nous pouvons la conserver dans nos jardins pour sa beauté et son charme un tantinet sauvage.

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